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Environnement - Plantes exotiques envahissantes

Les plantes exotiques envahissantes représentent l’une des plus importantes menaces pour la biodiversité au Québec et à l’échelle planétaire. Les jardiniers amateurs ou professionnels contribuent parfois, malgré eux, à propager ces plantes nuisibles. Nous présentons ci-après deux espèces exotiques envahissantes qui ont été observées sur le territoire de la Ville de Rimouski : la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) et la Renouée du Japon (Polygonum cuspidatum).

Photo de la plante envahissate - Berce du Caucase
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La berce du Caucase

D’où vient-elle?
La berce du Caucase a été prélevée dans les montagnes du Caucase en Asie centrale. Elle a été introduite en Amérique à des fins d’horticulture et a été répertoriée pour la première fois au Québec en 1990.

Quel est son habitat?
La berce du Caucase préfère les habitats frais et humides. Elle colonise les secteurs perturbés ou non entretenus. On la retrouve souvent :

  • le long des berges des cours d’eau;
  • le long des fossés;
  • le long des chemins de fer;
  • le long des routes et des pistes cyclables;
  • dans les prés;
  • dans les terrains vagues.

Quels sont les risques pour la santé et pour l’environnement?
La berce du Caucase est une plante photo-toxique. Toutes les parties de la plante contiennent des substances toxiques qui, une fois déposées sur la peau, sont activées par la lumière du soleil et rendent la peau très sensible. Des lésions se développent en quelques jours : la peau devient rouge, gonflée, douloureuse et des cloques peuvent mettre d’un à deux jours avant d’apparaître. La peau reste sensible au soleil pendant plusieurs mois. Les lésions ont l'aspect d'une brûlure.

La berce du Caucase est non seulement nuisible pour la santé humaine, mais aussi pour l’environnement. Cette plante envahissante est un danger pour la biodiversité. Elle produit une très grande quantité de graines qui peuvent survivre pendant cinq ans dans le sol avant de pousser. Elle peut aussi se reproduire par ses racines. C’est une plante très compétitrice qui prend rapidement la place des autres espèces.

Comment reconnaître la berce du Caucase?

  • Hauteur : de 2 à 5 mètres à l’âge adulte.

  • Fleur : La plante est composée de 50 à 150 rayons qui partent tous du même point. Chaque rayon supporte une inflorescence en forme de parapluie (ombelles) d’une largeur de 20 à 50 cm. Les fleurs sont blanches ou, parfois, roses. Floraison en juin et en juillet.

  • Tige : Verte, robuste, cannelée et creuse. Elle peut atteindre de 4 à 10 cm de diamètre à sa base. Elle est pourvue de poils blancs et rudes se situant principalement à la base des tiges. Elle a de nombreuses taches étendues et bien définies allant de rouge framboise à violet.

  • Feuille : Composée, pouvant atteindre 1,5 mètre de largeur et 3 mètres de longueur.  Elle comporte de 1 à 3 folioles découpées et légèrement dentées.
    La berce du Caucase ne doit pas être confondue avec la berce laineuse, une espèce québécoise non envahissante.

  • Pour consulter la fiche d'identification, cliquez ici.

Comment la détruire?
Il existe de nombreuses techniques efficaces afin d’éradiquer cette plante. Cependant, par mesure de sécurité, veuillez vous assurer de suivre les recommandations suivantes avant toute manipulation : 

  • Toutes les parties du corps doivent être recouvertes par des habits de protection ou des vêtements jetables qui n’absorbent pas ou qui ne peuvent pas transmettre la sève jusqu’à la peau. Par exemple, utilisez des manteaux et pantalons imperméables.
  • Portez une attention particulière à la jonction des vêtements de protection.
  • Le visage doit être protégé le plus possible, soit par un casque avec une visière ou, dans le cas où vous n’avez aucune autre solution, par des lunettes de protection.
  • Assurez-vous que personne ne puisse être atteint par la sève ou par des débris de plantes projetés durant la coupe.
  • Lorsque les manipulations sont terminées, enlevez les vêtements en les retournant à l’envers et évitez tout contact avec d’autres vêtements ou objets pour éviter la contamination, puis jetez-les à la poubelle.
  • Nettoyez les outils utilisés à l’aide d’alcool à friction 70 % (pelle ronde, sécateur, débroussailleuse, couteau, etc.).

Arrachage manuel ou mécanique
L’arrachage se fait au début du printemps, en mai, lorsque les racines des plants sont courtes et faciles à extraire. Il faut retirer le plus possible de racines à l’aide d’une pelle ou d’une bêche. Cette méthode est appropriée lorsqu’il s’agit de petites colonies ou de plants isolés. Lorsqu’il s’agit de plants matures, il faut s’assurer d’aller chercher les racines à une profondeur de 20 cm pour éviter qu’elles repoussent. Après l’arrachage, il peut être intéressant de labourer à une profondeur d’au moins 24 cm, ce qui limiterait significativement la repousse des plants et la germination des graines. Ensuite, ensemencez rapidement pour empêcher que la plante ne reprenne l’espace laissé inoccupé.

Désherbage
Le désherbage peut s’effectuer avant l’arrachage des racines, surtout lorsque ce sont des plants matures. Il faut faucher les plants à partir du mois de juin, et ce, à toutes les deux semaines afin d’épuiser la plante. Si vous utilisez uniquement cette technique, cela peut prendre plusieurs années avant une élimination complète. Lors de la coupe, assurez-vous qu’aucun débris ne soit projeté. Si cela est possible, utilisez un mécanisme d’ensachage automatique et ramassez tous les débris après la tonte.

Couper les ombelles
Lorsque le plant est en fleurs, coupez les ombelles pour empêcher les graines de se disperser. Coupez à la base de la tige florale. Surveillez les plants durant tout l’été, car ils peuvent produire de nouvelles fleurs.

Méthode chimique
Dans le cas d’une infestation, une demande de permis d’utilisation de pesticides peut être déposée au Service génie et environnement de la Ville de Rimouski.

Les méthodes de contrôle chimique sont utilisées en dernier recours seulement et dans le cas d’une infestation qui porte un risque important sur la santé humaine. Un enviro-conseiller de la Ville de Rimouski devra se rendre sur place pour évaluer la situation.

En cas de brûlure, communiquez avec le Centre antipoison au 1-800-463-5060 ou composez le 811 pour jointre Info-Santé.

Vous pouvez également consulter ce document produit par le Réseau de la santé publique du Bas-Saint-Laurent.

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Renouée du Japon
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 Renouée du Japon

D’où vient-elle?
La renouée du Japon (fallopia japonica) est une plante envahissante qui provient de l’Asie orientale. Elle a été introduite en Amérique du Nord comme espèce ornementale. Elle est arrivée au Canada vers les années 1900 où elle s’est rapidement propagée. Cette plante très vigoureuse est souvent utilisée lorsque les gens désirent avoir une haie bien fournie, et ce, rapidement.

Comment la reconnaître?
La renouée du Japon peut dépasser rapidement trois mètres de hauteur et devenir très dense. Elle est reconnaissable à sa tige creuse (semblable à une canne de bambou) et à sa couleur mauve.
Ses feuilles, d’une vingtaine de centimètres, sont en forme de cœur et sa floraison (septembre et octobre) produit des fleurs d’un blanc crème. Les fleurs de la renouée du Japon sont peu fertiles; elle se reproduit plutôt par ses racines qui peuvent atteindre facilement plus de deux mètres dans le sol.

Photo - Renouée du Japon en fleurs
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Quels sont les dangers?
La renouée du Japon est une espèce envahissante. Elle est inscrite sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature comme l’une des 100 espèces les plus préoccupantes. Lorsque cette plante se retrouve sur un terrain vague, abandonné ou en friche, elle prend rapidement l’espace disponible. Elle appauvrit la biodiversité végétale et animale ainsi que l’équilibre des écosystèmes. Elle va même jusqu’à prendre la place des autres végétaux puisqu’elle croît plus rapidement que ces derniers. Elle devient plus haute que les herbes ou autres plantes créant ainsi une couverture jetant de l’ombre sur les autres espèces. De plus, cette plante libère des toxines par ses racines, ce qui ralentit la croissance des autres végétaux.

Les racines de la renouée du Japon sont très robustes. Celles-ci peuvent s’infiltrer à travers le béton, brisant ainsi les fondations de maisons ou le pavage des entrées.

Photo d'une haie de renouée du Japon
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Comment la détruire?
Tout d’abord, si vous avez une population de renouées du Japon sur votre terrain, sachez qu’il est quasi impossible de l’éradiquer. La technique de lutte la plus efficace connue à ce jour est la coupe répétée ou l’arrachage manuel. Il faut couper régulièrement les plants à quelques centimètres du sol, et ce, successivement durant une même année. Débarrassez-vous de toutes les tiges et bouts de racines. Il est aussi possible, après la coupe de la plante, de recouvrir l’endroit infesté d’un géotextile afin de limiter les nouvelles repousses. Cette technique permet d’épuiser la plante. Vous pouvez aussi, après la coupe, planter au même endroit des arbustes et des arbres indigènes qui seront à leur tour en compétition avec la renouée du Japon. Si vous décidez d’extraire les racines, sachez qu’un minuscule fragment laissé dans le sol peut reprendre de lui-même créant ainsi une nouvelle pousse, et ce, même après 10 ans de dormance. Il ne faut pas oublier que la plante a des racines très denses qui peuvent atteindre plus de deux mètres de profondeur ce qui demande parfois l’aide d’une excavatrice. Compte tenu des difficultés inhérentes à son éradication, il faut absolument éviter de cultiver cette plante.

Pour plus de renseignements, communiquez avec au Service génie et environnement par téléphone ou par courriel.

Documents de référence

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