Histoire - Le Bic avant 2009
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Le territoire du Bic est reconnu des européens dès le second voyage de Jacques-Cartier, qui jeta l'ancre dans la baie du Bic pendant 4 jours. À cette époque, le chef Donnacona raconte à Cartier l'histoire d'un événement survenu en 1533 sur l'une des îles, alors que des guerriers iroquois auraient agressé un groupe de Micmac. Cet événement est à l'origine du nom de l'Île-au-Massacre. En 1603, Samuel de Champlain y séjourne. Il dessine sur sa carte le point culminant de l'époque, et inscrit « le Pic » pour désigner la montagne, qu'on nomme aujourd'hui Pic Champlain. Le nom « Bic » serait selon toute vraisemblance une déformation du nom donné par Champlain à la montagne.
La seigneurie du Bic est concédée à Charles Denys de Vitré en 1675 par le gouverneur Frontenac. Contrairement aux autres colonies concédées dans un but de colonisation, la seigneurie du Bic est concédée dans le but de « faire la pêche au hareng et autres poissons ». Le sieur de Vitré n'habite pas les lieux. Le premier habitant connu du Bic est un dénommé Jean Gagnon, établi aux environs de 1680. La seigneurie verra son lot de seigneurs se succéder jusqu'en 1822, alors qu'Archibald Campbell, notaire de Québec, fait l'acquisition de la seigneurie et devient le premier seigneur à y habiter. Sous sa gouverne, de 1822 à 1852, de nombreuses concessions de terres sont effectuées et la seigneurie se développe rapidement. On assiste à l'érection canonique de la paroisse en 1830 sous le nom de Sainte-Cécile, Cécile étant le prénom de l'épouse d'Archibald Campbell. Le Bic est érigé en municipalité en 1835 et est incorporé en 1855.

Bic. Le Village (Carte postale, Photographe inconnu,
Éditeur, Pruneau & Kirouac, Québec, Bibliothèque et
Archives nationales du Québec, CP 7548)
En 1890, après le feu de la première église construite en 1850, les citoyens entament les démarches visant à la reconstruction. La bénédiction du nouvel édifice a lieu en 1893, mais les travaux durent plusieurs années et ne seront réellement complétés qu'au tout début du XXe siècle.
L'électricité arrive au Bic en 1889. Cette implantation est partielle et plus ou moins efficace. En 1912, un incendie détruit les installations électriques. Le service sera rétabli 4 ans plus tard, puis cédé en 1922 à la Compagnie de Pouvoir du Bas Saint-Laurent. Progressivement, l'électrification rejoint l'ensemble de la municipalité et des rangs jusqu'en 1950.
Le premier tiers du XXe siècle est mouvementé. En 1905, suite aux pressions exercées par des propriétaires de compagnies de navigation, la station officielle des pilotes du Saint-Laurent, localisée au Bic depuis 1762, déménage à Pointe-au-Père. Le 20 mai 1921, un incendie détruit une dizaine de bâtiments du village du Bic et une partie de la rue Sainte-Cécile. La croix de métal du mont Saint-Louis est érigée en 1924 et bénite en 1925 par Mgr Léonard.
Dans le domaine agroalimentaire, 1928 voit l'apparition de la Société coopérative agricole de Saint-Cécile-du-Bic. C'est à partir de 1935 qu'elle entre dans le créneau de la transformation laitière. En 1949 une meunerie est construite et fabrique des moulées. Au fil des ans, la Société coopérative s'implante dans l'industrie de la transformation laitière, si bien qu'en 1965, elle devient la Coopérative agricole du Bas-Saint-Laurent et contrôle la presque totalité de la production régionale. Elle fait une grande percée dans le marché québécois du lait nature mais doit retraiter dans les années 1990 face aux géants Saputo et Agropur.

La coopérative Purdel du Bic dans les années 1970.
(Photographe inconnu, Département de géographie et
d'histoire du Cégep de Rimouski)
Une importante infrastructure sportive de la municipalité, Le Club de golf Bic Inc. voit le jour en 1932, sous le nom de Bic Golf Club Inc. Il s'agit d'un club privé, dont huit des douze signataires de l'incorporation sont domiciliés dans la grande région de Montréal (Montréal, Westmount, Saint-Hilaire-de-Rouville).
Dès 1964, la municipalité du Bic avait officiellement entrepris les démarches visant à explorer la faisabilité d'un parc sur son territoire. Les gouvernements fédéral et provincial étaient intéressés par le projet. Plusieurs études ont été réalisées au cours des années 60-70. En 1972, le comité du parc Bic/Saint-Fabien est mis sur pied. Le gouvernement du Québec entreprend alors les premières démarches en vue d'acquérir les terrains. L'implantation du parc est décidée en 1974, et ce dernier verra le jour officiellement le 7 novembre 1984.
Dès 1973, dans la foulée de l'Opération Dignité, le Bic revendique sa place dans le domaine culturel avec la création d'une troupe de théâtre: la Troupe des gens d'en bas. Elle sera en opération jusqu'au début des années '80. Dès lors, le groupe se dissout. De ses cendres va naître le Théâtre les gens d'en bas, qui s'installe dans la grange de service du camping du Bic entre 1981 à 1988. Par la suite, la municipalité du Bic investit dans un bâtiment, géré par la compagnie de théâtre. Le groupe poursuit encore à ce jour une mission en trois volets, soit la production, la diffusion et la démocratisation du théâtre.

Magnifique vue du Bic en route pour Rimouski et la Gaspésie
(Carte postale, photographe inconnu, Éditeur Unic, Montréal,
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, CP 3675)
Sur le plan démographique, le Bic a connu des débuts timides. En 1688, on y recense 14 habitants, tous membres de la même famille. En 1825, un recensement indique 90 âmes. En 1842, le village compte sur une population de 203 habitants. En 1851, un essor considérable voit la population grimper à 1 391 habitants. Le dernier recensement de Statistique Canada, mené en 2006, indiquait une population de 2 946 habitants.
Le territoire et l'organisation municipale ont souvent été modifiés au cours de l'histoire. En 1851, les habitants de la Rivière-Hâtée, incluse dans la paroisse Saint-Germain-de-Rimouski, obtiennent leur annexion à la paroisse Sainte-Cécile. L'érection de la paroisse de Saint-Valérien en 1885 ampute le Bic d'une partie de son territoire. En 1920 on assiste à la scission de la paroisse en deux entités, soit la paroisse de Sainte-Cécile du Bic et la municipalité du village du Bic. Un comité de fusion est mis sur pied en 1970 afin de reformer une seule municipalité sur le territoire. La fusion s'effectue le 22 décembre 1971, créant la municipalité du Bic. Par l'arrêt ministériel du 16 septembre 2009, la municipalité du Bic est annexée à la Ville de Rimouski.
Les îles du Bic (Photographe communications,
Ville de Rimouski, 2009)
LISTE DES MAIRES DE LA MUNICIPALITÉ DU BIC
Municipalité du Bic | |
Années du (des) mandats | Nom |
1855-1873 | Georges Sylvain |
1874 | Didier Ouellet |
1875 | Georges Sylvain |
1876 | Octave Levasseur |
1877 | Georges Sylvain |
1877 (juillet) | Octave Levasseur |
1878-1883 | Octave Levasseur |
1884-1885 | Mathias Morin |
1886-1887 | Octave Levasseur |
1888-1890 | Étienne Couture |
1891-1892 | Frédéric Boucher |
1893-1895 | Louis-Napoléon Côté |
1896 | Pierre Émile D'Anjou |
1897-1899 | Joseph Pineau |
1900-1905 | Joseph Michaud |
1906-1907 | Pierre Émile D'Anjou |
1908 (février) | Pierre Émile D'Anjou |
1909 | Pierre Émile D'Anjou |
1910-1911 | Pierre Émile D'Anjou |
1912 | Pierre Émile D'Anjou |
1913 | Pierre Émile D'Anjou |
1914 | Pierre Émile D'Anjou |
1915-1918 | Alexis Voyer |
1919 | Adélard Parent |
Municipalité du Bic | |
Années du (des) mandats | Nom |
1908 (février) | Alphonse Brillant |
1909 | Alphonse Brillant |
1910 | J.Elz. Heppell |
1911 | J.Elz. Heppell |
1912 | France Parent |
1913 | J.Elz. Heppell |
1915 | J-Bte Alias Johnny Blais |
Municipalité du Bic (village) |
Années du (des) mandats | Nom |
1921-1926 | J.E. Rioux |
1926-1927 | Aurèle Chamberland |
1928 | Napoléon Bérubé |
| 1929-1936 | Joseph Levasseur |
| 1937-1940 | J.A. D'Anjou |
| 1941-1947 | Wilfrid Ouellet |
| 1948-1950 | Nazaire Boucher |
| 1951-1952 | Louis-Philippe Lavoie |
| 1953-1954 | Nazaire Boucher |
| 1955-1956 | Armand Plante |
| 1957-1958 | Alcide Gagnon |
| 1959-1963 | Onésime Gagnon |
| 1963-1965 | Gérard Labrie |
| 1965-1974 | J. Romuald Bérubé |
| 1974-1976 | Denis Cassista |
| 1976-1978 | Valois Doucet |
| 1978 | Lucien Cimon |
| Municipalité de la paroisse du Bic 1920-1972 - Maires |
Années du (des) mandats | Nom |
1920-1921 (janvier) | Alex Voyer |
1921 (mars) -1929 | Magloire Chénard |
1929-1935 | Louis Brillant |
| 1935-1936 | Pascal Lavoie |
| 1937-1938 | Oscar Parent |
| 1938-1941 | Louis Gagné |
| 1941-1946 | Joseph Cassista |
| 1947-1967 | Louis-Jacques Chénard |
| 1967-1972 | Félix Chénard |
| Municipalité après fusion du village et de la paroisse 1972-2009 - Maires | |
Années du (des) mandats | Nom |
1972-1974 | J. Romuald Bérubé |
1974-1978 | Denis Cassista |
1978-1981 | Lucien Cimon |
| 1982-1992 | Valois Doucet |
| 1992-2000 | Gilbert Thibault |
| 2000-2005 | Serge Lévesque |
| 2005-2007 | Jean-Louis Lavoie |
| 2008-2009 | Claude Gauthier |

