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Histoire - Pointe-au-Père avant 2002

La municipalité de Pointe-au-Père aurait été baptisée en lien avec le passage du Père jésuite Henri Nouvel, qui aurait célébré une messe le 8 décembre 1663 avec un groupe d'amérindiens de la Côte-Nord venu en expédition de chasse à l'orignal. La messe aurait été célébrée sur une pointe de terre qui s'avance dans le fleuve un peu en aval de Rimouski.

Le territoire de Pointe-au-Père est échangé au Sieur René Lepage par le Sieur de la Cardonnière en 1693. La paroisse est érigée canoniquement et civilement en 1882. Le territoire a une vocation agricole qui est cependant limité par la qualité des sols. La population aura tendance à fluctuer de manière importante jusqu'en 1905.

Le 8 février 1873, Mgr Langevin émet un décret visant à construire une chapelle en bois en l'honneur de Sainte-Anne, la sainte patronne des marins. Dès lors, le pèlerinage de Sainte-Anne-de-la-Pointe-au-Père est établi, et on constate que plusieurs personnes se présentaient à la chapelle. En 1903, la prise en charge de la paroisse et du pèlerinage est confiée aux Eudistes. En 1907, on érige un calvaire pour le 25e anniversaire de la paroisse. En 1918, on inaugure le monument au Sacré-Coeur. En 1932, pour le cinquantième de la paroisse, on dévoile le monument à Sainte-Anne devant 4 000 personnes.

Un pèlerinage (Photographe inconnu, « Lumière sur la côte », 150e de Pointe-au-Père)

Un pèlerinage (Photographe inconnu,
« Lumière sur la côte », 150e de Pointe-au-Père)

Le poste de pilotage du Bic, instauré par le gouverneur Murray en 1762, est transféré à Pointe-au-Père en 1905, ce qui entraine une première diversification de l'économie locale. Le pilotage est une activité importante dans la région. Les pilotes sont alors des marins détenteurs d'un certificat de compétence. On retrouve toutefois des pilotes à Pointe-au-Père depuis au moins 1805. Comme suite à l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent et aux pressions des compagnies de navigation, le poste de pilotage est transféré aux Escoumins en 1960. En 1894, on installe une station du Service hydrographique canadien, dont l'activité principale est d'effectuer des relevés des marées et des courants. La station opère jusqu'en 1916. Dès 1955, la station marégraphique de Pointe-au-Père est désignée comme point d'origine de la Référence internationale des Grands Lacs et devient la source de calcul du zéro (niveau d'eau minimal) des cartes marines du Saint-Laurent. La station sera déménagée à Rimouski-Est en 1983 en raison du mauvais état du port de Pointe-au-Père. La station est alors intégrée au nouveau Système de référence international des Grands Lacs 1985.

Un premier phare est érigé à Pointe-au-Père en 1859 afin de mieux baliser cet endroit du fleuve; il s'agit d'un phare de 5 lampes à l'huile équipées de réflecteurs de 21 pouces. Le premier phare est détruit dans un incendie le 13 avril 1867. Un deuxième phare est construit pour le remplacer et est muni d'un éclairage fixe. L'éclairage devient rotatif en 1890. En 1902, on remplace les lampes à l'huile par des lampes au gaz acétylène de la compagnie Sunlight. En 1909, on construit un nouveau phare plus moderne en béton armé, d'une hauteur de 97 pieds.

Construction du phare actuel en 1909 (Photographe inconnu, Collection du Centenaire de Pointe-au-Père)

Construction du phare actuel en 1909
(Photographe inconnu, Collection du Centenaire de Pointe-au-Père)

Pointe-au-Père sera dotée d'une station Marconi dès 1909. Cette station permet de transmettre des messages télégraphiques sans fil grâce aux découvertes de Guglielmo Marconi, récipiendaire du prix Nobel de physique de 1909. Dans la nuit du 29 mai 1914, la station Marconi capte les signaux de détresse de l'Empress of Ireland, un paquebot océanique de la Compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique. L'Empress vient d'être abordé par un charbonnier norvégien, le Storstad. L'opérateur de la station alerte aussitôt les autorités maritimes. L'Empress coule, et seulement 337 de ses 1 477 passagers sont sauvés. La station servira également à capter des messages lors de la Deuxième Guerre mondiale. Elle est vendue au gouvernement canadien en 1956.

En 1959, le gouvernement fédéral approuve des travaux visant à construire un port d'hiver à Pointe-au-Père. On entame également la construction d'un tronçon de chemin de fer qui sera relié au réseau existant. Le port demeure inachevé et ne sera jamais connecté au réseau de chemin de fer national. En 1962, le traversier Père-Nouvel entre en opération. Cependant, la conjoncture économique entrainera la fin du service en 1967. Une tentative de remise en route de la traverse est effectuée en 1968 avec la mise en service du Manic, qui sera toutefois vendu en 1970.

En 1978, le regroupement pour la conservation du marais de Pointe-au-Père est créé afin d'effectuer de la sensibilisation visant à stopper les dommages faits au marais. Le regroupement est actif et fait entendre efficacement son message.

En 1980, le Musée de la mer fait son apparition afin de contribuer à la promotion, la diffusion et la conservation du patrimoine maritime. Le musée est encore en opération aujourd'hui et présente une exposition sur la tragédie de l'Empress of Ireland. La corporation du musée gère également le site historique maritime de la Pointe-au-Père.

Le 3 juin 2000, dans le cadre des Journées du patrimoine, le site historique maritime de la Pointe-au-Père est désigné en tant que bien patrimonial représentatif de la municipalité.

Quai de Pointe-au-Père (Photographe inconnu, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Fond J.-G. Lacombe)

Fonds J.-Gérard Lacombe. Pointe-au-Père, vue aérienne du phare, du quai et du bateau de traverse (P24). - [1950-1970]. BAnQ, Centre d'archives de Rimouski.

 

 
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LISTE DES MAIRES DE LA MUNICIPALITÉ DE POINTE-AU-PÈRE

Années du (des) mandats

Nom

1883-1885

Pierre D. Rouleau

1886

Elzéar Heppell

1887

Jean Heppell

1888-1890

Pierre D. Rouleau

1891-1994

John McWilliams

1895

David Rouleau

1896-1907

John McWilliams

1907-1909

Joseph Lavoie

1909-1910

John McWilliams

1910-1911

P.E. Amiot

1911-1912

Joseph Lavoie

1912-1913

Joseph Paquet

1914

Louis Othot

1915-1916

Joseph Paquet

1917

Daniel Ruest

1918 (4 mois)

Louis Othot

1918 (8 mois)

Daniel Ruest

1919-1920

Pierre C. Lavoie

1921-1925

Jean Heppell

1925-1932

L.J.A. Chevron

1933-1934

Phil Desrosiers

1935-1958

Wilfrid Raymond

1959-1962

Irenée Rouleau

1963-1972

Berthold Côté

1972-1973

Jean-Marc Côté

1973-1976

J.-Émilien Amiot

1976-1979

Paul Bouillon

1979-1981

Simon Papillon

1981-1982 (mai)

Éric Forest

1982-1986

Jean-Yves Roy

1986-1989

Benoit Martin

1989-1993

Alain Piché

1993-2001

Guy Leclerc


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